Siel Bleu fait partie des 22 initiatives de l’économie sociale et solidaire sélectionnées pour le label French Impact.

Pourriez-vous nous en dire plus sur ce label et ce qui se cache derrière la récente notion d’Impact Investing ?

Jean-Michel Ricard : Siel Bleu accompagne aujourd’hui plus de 120 000 bénéficiaires par semaine afin que ceux-ci aient accès à une activité physique, adaptée à leurs envies, capacités et besoins, dispensée par l’un de nos 600 chargés de prévention qui interviennent partout en France. Le label French Impact, délivré par le Ministère de la Transition Ecologique et Solidaire, va nous permettre de rendre encore plus accessibles financièrement et géographiquement nos programmes à un nombre encore plus importants de bénéficiaires. Notre objectif est de faire de la France le leader des offres thérapeutiques non médicamenteuses. Antoine Paulhac : Évoqué pour la première fois en 2007, le concept d’impact investing gagne en visibilité ces dernières années. L’idée est de générer un impact social, sociétal ou environnemental positif en plus d’une rentabilité financière pour les investisseurs. C’est un sujet d’actualité brûlante alors que la loi PACTE prévoit de redéfinir le rôle de l’entreprise dans le code civil comme allant au-delà de l’intérêt de ses associés qui s’en partagent les bénéfices en incluant une notion de responsabilité envers toutes les autres parties prenantes –  salariés, consommateurs, financeurs… – ainsi qu’envers la Société en général.

Comment Siel Bleu peut-il participer de l’impact investing aux côtés d’123 IM ?

AP : Depuis 2010 nous accompagnons la croissance d’opérateurs d’EHPAD et nous avons financé la reprise d’une cinquantaine d’établissements en France. C’est un secteur d’une importance toute particulière alors que la prise en charge de la dépendance devient un enjeu de Société. Et au-delà de la prise en charge, c’est le bien vieillir qui est en jeu. Les personnes âgées sont fragiles, parfois désorientées et requièrent des soins attentionnés. Cette valeur ajoutée, Siel Bleu l’apporte au quotidien dans les établissements où il dispense ses programmes d’activité physique. De plus, c’est une initiative que nous pourrons également déployer auprès du personnel des établissements accueillant du public que nous finançons, dont les métiers sont très physiques.

Concrètement, comment se matérialise ce nouveau partenariat ?

AP : Il s’inscrit dans le cadre d’un nouveau Fonds qui investira dans nos thématiques de conviction. L’idée est de prescrire les programmes d’activité physiques adaptés de Siel Bleu aux sociétés dans lesquels le Fonds investira. Le medico-social et les métiers d’accueil du public sont des secteurs résilients et performants financièrement pour l’investisseur. Mais l’idée est d’aller au-delà du simple aspect financier en y ajoutant le savoir-faire de Siel Bleu dans la santé au travail et l’activité physique des personnes âgées. Nous reverserons également 0,3% des frais de gestion annuels du Fonds à Siel Bleu, sous forme de don, afin de soutenir sa mission sociétale.

JMR : En résumé c’est un partenariat hybride à mi-chemin entre impact investing et mécénat.

L’impact de ce partenariat fera-t-il l’objet d’évaluations tangibles ?

JMR : La notion d’impact doit être mesurable et implique la mise en place d’indicateurs de mesure qualitatifs et quantitatifs. Sans cette tangibilité, on reste dans la belle parole. L’idée est de montrer que les programmes que nous mettons en place sont utiles et génèrent une véritable plus-value, en complément de la plus-value financière recherchée par les investisseurs.

AP : Concrètement, nous avons mis en place un panel d’indicateurs permettant de mesurer l’impact des activités de Siel Bleu dans les participations du Fonds. Un comité de suivi dédié permettra de s’assurer de la progression de ces indicateurs tout au long de la vie des participations.

Avez-vous déjà un exemple de mesure d’impact à nous donner ?

JMR : Nous avons réalisé une étude en 2012 avec l’appui de l’Union européenne et de Danone-Ecosystème. Réalisée sur une trentaine de maisons de retraite en Europe, cette étude a permis de montrer que la mise en place d’exercices physiques adaptés et réguliers pour les résidents permet d’éviter environ une chute bénigne par an, une chute accidentelle tous les 18 mois et une chute grave par personne tous les cinq ans. On constate une amélioration de l’équilibre statique des résidents et une réduction du risque de perte d’équilibre lors des tests de déplacement. De plus, la majorité des résidents ont estimé que leur état de santé s’est amélioré. Plus de 80 % des membres du personnel soignant estiment par ailleurs que leurs conditions de travail se sont améliorées (amélioration de l’humeur et diminution du degré d’agressivité des résidents). Enfin, les médecins référents se révèlent très majoritairement conquis par l’expérience. C’est un cercle vertueux qui bénéficie à tout l’écosystème.

Plus d’informations : www.sielbleu.org